Pour que l'hiver soit moins long

Mgr Vital Massé

Évêque de Mont-Laurier

Décembre 2008

 

Avec l'hiver que nous avons connu l'an dernier nombreuses sont les personnes qui s'expriment en souhaitant que celui que nous venons de commencer soit moins rigoureux.

 

Mais il y a d'autres sortes d' « hivers » qui, pour  certaines personnes, sont beaucoup plus difficiles à porter. Par exemple, qu'on le veuille ou non, on pressent qu'il faudra faire face à la crise économique qui de plus en plus nous envahit. Pour ceux qui n'ont pu amasser que de fragiles économies, les maux de tête peuvent être considérables.

 

Par contre, s'il y a dans la vie des hivers dont nous avons très peu de contrôle, il y en a d'autres qui, en grande partie, dépendent de nous : la froideur de nos relations, l'indifférence vis-à-vis le bien-être de l'autre, ces haines, ces rancunes que nous entretenons… Ce sont parfois les hivers les plus pénibles à porter.

 

Dieu n'a pas craint de quitter son trône de gloire pour venir partager nos misères et nos espoirs, en adoptant notre condition humaine avec tout ce qu'elle comporte de difficultés et de défis. C'est cela Noël : Emmanuel, Dieu avec nous. Déjà la naissance de Jésus est une parole vivante. Que le Roi des rois accepte de naître dans une pauvre crèche parce qu'il n'y avait pas de place pour Lui dans un endroit plus convenable est déjà très significatif. Il nous enseignera plus tard qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.

 

Jésus, en venant sur terre, n'a pas voulu régler tous les problèmes, mais il nous a enseigné que le seul chemin qui mène au bonheur c'est le chemin de l'amour. Pour que nos hivers soient moins longs, Jésus s'est offert pour partager le poids de nos souffrances : « Venez à moi, vous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11,28).

 

Noël, c'est aussi la fête de l'accueil. L'accueil tout d'abord de ce don merveilleux de la présence de Dieu parmi nous. C'est aussi l'accueil de ces personnes que je côtoie (et même celles au loin) et pour qui je peux faire quelque chose pour diminuer la pesanteur de leurs hivers. Et nous savons que, pour certaines personnes, c'est l'hiver 365 jours par année.

 

Si chacun faisait sa part, les hivers seraient moins longs et ce serait Noël plus souvent. Ce serait même Noël tous les jours, comme l'a si bien chanté John Littleton, car :

 

« C'est Noël chaque fois qu'on essuie une larme

dans les yeux d'un enfant

C'est Noël chaque fois qu'on force la misère

à reculer plus loin…

C'est Noël dans les mains de celui qui partage

aujourd'hui notre pain…

Car Noël, c'est l'amour »

 

 

À tous, je souhaite un Noël qui se prolonge durant toute l'année.

 

 

+Vital Massé

                    Evêque de Mont-Laurier